Prévoyance vieillesse : attention, blocage de capital

Le principe des trois piliers était un compromis typiquement suisse : le premier pilier est l’AVS (Assurance vieillesse et survivants), le deuxième les versements à la caisse de pension, le troisième l’épargne. Un état des lieux et des suggestions d’orientation nouvelle.

La gestion appuyée sur trois piliers

En 1972, l’initiative du Parti Suisse du Travail demandant une révision de  l’AVS  pour que soit instituée une véritable retraite populaire fut rejetée. En revanche, la contre-proposition du Conseil fédéral relative à un deuxième pilier fut acceptée. Elle  se traduisit par la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle (LPP).

Le premier pilier, l’AVS,  s’appuie sur un système de retraite par répartition. Cela signifie que les cotisations versées sont utilisées immédiatement au financement des pensions des personnes éligibles à la retraite. Par contre le deuxième pilier est devenu un système par capitalisation, c’est-à-dire que les provisions versées par les assurés  entrent dans le système du marché des capitaux. Chaque personne constitue ainsi un capital destiné à sa retraite. Cette décision populaire était-elle juste ?

D’énormes sommes d’argent sont bloquées dans le système suisse de l’assurance vieillesse. Il conviendrait d’harmoniser les trois colonnes entre elles, la digue risque sinon de se rompre.

Le capital accumulé dépasse massivement le PIB du pays.

La Loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) a introduit  un système par capitalisation qui entraîne une accumulation massive de capital. Dans l’idéal,  ce capital devrait être réinvesti  d’une manière ou d’une autre dans l’économie réelle. Mais cette masse énorme ne peut absolument pas être absorbée par  l’économie réelle. Pour la Suisse seule, l’épargne générée par le deuxième pilier dépasse  les 700 milliards de francs.  À titre de comparaison : le PIB 2011 de la Suisse était de 590 milliards de francs.

Grande probabilité de formation de bulle

Pour de nouveaux investissements, l’économie a besoin de crédits, qu’elle rembourse par l’activité économique. Lorsque du capital d’épargne n’est pas maintenu en circulation dans l’économie réelle par le biais de crédits, des valeurs réelles et des produits financiers de toutes sortes doivent se substituer à ces dépôts. Cela conduit inévitablement aux bulles financières de toutes sortes que nous connaissons.

Alors que les crédits accordés à l’économie sont investis  dans la rationalisation et l’accroissement de la productivité, ce qui conduit à une baisse des prix de production, les crédits à la consommation et les investissements dans des produits financiers tendent à faire monter les prix. Trop de capital entraîne une demande importante de valeurs réelles, par exemple de la terre agricole.  Dans le domaine foncier, il est facile d’observer ce phénomène : lorsque du capital cherche à se placer, les prix du terrain augmentent, la spéculation foncière s’installe et les loyers augmentent à leur tour.

Au contraire du système par capitalisation (LPP), dans le système par répartition (AVS), l’argent en provenance des cotisations est immédiatement réintroduit dans le circuit de la consommation.

Financer l’AVS par la consommation, et non par le biais des salaires

Naturellement, le système par répartition a également ses inconvénients. Le reproche récurrent qui lui est fait, lié à la tendance de l’évolution démographique, n’a de pertinence que dans le cas d’un financement majoritaire des pensions par les actifs. Car si les cotisations d’AVS étaient prélevées, comme la TVA, sur le chiffre d’affaires intérieur des entreprises, l’AVS bénéficierait également de l’amélioration des performances économiques  et serait relativement indépendante de l’évolution démographique. Ce type de financement augmenterait considérablement la compétitivité économique à l’export, car les cotisations sociales ne feraient plus partie des charges sur les salaires, et donc du prix de revient des produits.

Mettre en circulation au lieu de thésauriser

Pour les pensions de retraite, on peut globalement reconnaître la validité du système des trois piliers.  Mais il conviendrait toutefois  de mieux harmoniser les rapports des trois piliers entre eux. L’équilibrage entre le premier et le deuxième pilier serait un instrument permettant de réguler la masse de capital et donc de crédit dont a besoin l’économie réelle et qui peut la fortifier, et de s’adapter  à une conjoncture donnée.
Les crises financières qui se répètent à intervalles de plus en plus courts sont imputables à la démesure de ces masses de capital. Elles mettent régulièrement notre économie en danger. Nous devrions réviser le premier pilier, le renforcer et réduire en revanche drastiquement le deuxième pilier.

Daniel Maeder

 

CoOpera

Ce qui se présente aujourd’hui en tant que groupe a son origine dans la création d’une caisse de pension (CoOpera Fondation collective PUK, CoOpera Beteiligungen AG, CoOpera Immobilien AG, CoOpera Leasing AG). L’argent de prévoyance ne devait pas être livré à l’opacité et à l’imprévisibilité des marchés de capitaux, mais il devait être injecté directement dans le financement de projets économiques et culturels concrets et durables : telle était la conviction des fondateurs. Ces institutions ne se contentent donc pas de poursuivre des buts purement idéaux, elles ont également connu au cours des 25 dernières années des succès économiques. C’est ainsi que la crise financière n’a mis en question à aucun moment les obligations de résultats de la caisse de pension.

www.coopera.ch

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« Nous devrions réviser le premier pilier et en revanche réduire drastiquement le deuxième. »

Exemple :
CoOpera Fondation collective PUK offre les bases permettant à des porteurs d’initiative de faire vivre leur projet


La CoOpera Fondation commune PUK (Caisse de pension pour entreprises, artistes et professions libérales) a été fondée en 1984. Quatre cent trente entreprises avec  4200 assurés et 430 retraités y sont rattachés. Elle gère actuellement un capital de 412 millions de francs suisses.

Le but idéel de CoOpera Fondation collective PUK est d’investir toute l’épargne des assurés et des retraités dans des placements innovants sur le plan social, respectueux de l’environnement et éthiquement responsables, dans l’économie réelle. Elle souhaite effectuer, dans la mesure du possible, des placements directs. Elle cherche en outre à placer ces investissements dans le cadre d’une véritable relation humaine, partout où cela est possible. Ce souci explique le choix d’éviter au maximum les investissements dans des domaines anonymes, tels que les actions cotées en bourse et les fonds de placement.

La PUK se distingue également d’autres fondations collectives et assurances dans les domaines suivants : elle propose plus de 100 contrats d’assurance différents. Elle ne fait pas de distinction entre les branches. Les primes de risque sont fondées sur une solidarité globale, sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes, les personnes jeunes et les personnes âgées et les différents groupes de risques liés aux branches. Le taux de conversion est de 6,8% (système enveloppant). Toutes les pensions sont régulièrement réévaluées en fonction du coût de la vie.

Daniel Maeder, Directeur de CoOpera
www.coopera.ch